Les marques sur mon bras gauche ont pratiquement disparues. Qui pourrait encore comprendre ce qu’elle représentent ? Qui pourrait encore imaginer l’état dans lequel je me trouvais alors ? C’était il y a un an jour pour jour.
Les jours passent et si rien ne change vraiment, tout évolue. Je ne suis plus la même, j’ai laissé tomber le joli masque de fille bien sage qui camouflait pourtant si bien mes blessures et si j’ai troqué mes longues manches contre des courtes, j’ai changé de masque. Aujourd’hui je suis une garce et le pire c’est qu’il y a des jours où je me prends à croire que le paraître est réalité.
Je m’enivre trois soirs par semaine, mes cigarettes ont beau être goût chocolat ça ne fais pas moins de moi une fumeuse comme les autres qui ne fume d’ailleurs pas que ça, je perds la tête, je me perds tout court. Je vis trop et trop vite, live fast, die young, tant mieux j’ai jamais voulu finir incontinante. Ma vie est un TD perpétuel et je quand je ne suis pas saoule, je suis défoncée. Loin le temps des dix huit de moyenne en classe. Je vais me planter, je le sais et c’est ça qui est bon.
Mais il y a Simon.
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Se réveiller en sursaut vers cinq heures de l’après-midi pour se rendre compte qu’on a -encore - été à aucun cours et que, manque de bol, on va devoir justifier une absence à un TP obligatoire. Tenter de se rendormir, la tête dans le cul à cette idée, ne pas y arriver. Fermer les yeux une, deux secondes, respirer un grand coup et cracher ses poumons parce qu’on a trop fumé. Avoir envie de vomir en respirant les vieux relents de cigarette, justement.
Se lever péniblement, se glisser sous la douche, s’asseoir dans le fond parce qu’il y a des jours comme ça où on a juste pas la force. Laisser l’eau brûlante couler sur soi, du sommet du crâne à tout le corps et laisser se vider le trop plein de larmes du coeur à tout le corps.
S’oublier là.
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Il est six heures, il fait noir, camel natural flavour et quête infructueuse. Putain ce que j’ai mal à la tête. Et ce qu’elles sont fortes ces cigarettes. Il est six heures il fait noir et c’est marrant mais j’ai du mal à marcher. L’impression d’être saoule sans avoir rien avalé. Je ralentis le pas, c’est pour me donner une contenance sinon je marche pas droit.
Mon portable vibre: “je sais pas quoi mettre ce soir”. Moi le choix est déjà fait. Jean blanc, chaussures et top de pute, ça fera du bien à ma réputation. Une voiture passe, son connard de conducteur m’éblouit avec ses phares, il augmente leur intensité, soit c’est pour ma minijupe, soit c’est le casse vitesse. Où sont mes clopes déjà ?
Clic-clac fait l’étui, mon briquet tourne à vide et j’ai mal au pouce. Y a-t-il du gaz dans la salle ? Une flamme, je crois que le monde est sauvé. Ou juste le mien. Pour les six prochaines minutes en tout cas. Mon portable ne vibre pas, j’accélère le pas. Mon sac me cisaille l’épaule.
Il n’y a personne dans ma rue. Les familles bien comme il faut mangent déjà: je les vois en passant, par leurs fenêtres. Personne ne devrait avoir le droit de mettre des grandes fenêtres pour exposer sa vie au public, j’appelle pas ça partager le bonheur, ça fait juste crever d’envie les fous de l’hopital Fond’Roy. Ou juste moi: eux de toute manière ils sont fous.
Je jette ma cigarette et prends la décision d’arrêter de fumer pour les deux prochaines heures, la lumière du hall est éteinte, je tourne la clé dans la serrure.
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Tous les posts de ce blog, sauf mention contraire, sont des faux. Le personnage s’appelle Lola et si vous aviez par hasard envie d’en savoir plus, lisez ses mots. Pas que ça en vaille la peine, juste que ça pourrait faire passer le temps.
Et moi ça me détend de faire souffrir un personnage qui n’existe pas.
Donc Lola est étudiante, Lola fume, Lola boit, Lola mourra jeune mais c’est exactement ce dont elle a envie.
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